Les Etablissements de l’Enseignement du Supérieur du Campus Sciences Ingénierie Rouen Normandie : ESIGELEC, CESI, INSA Rouen Normandie et Université Rouen Normandie, ont co-organisé cet événement avec l’appui de la Métropole Rouen Normandie, Latitudes et Normandie.IA, en partenariat avec le Groupe Frame IP, Proxiad, Attineos, Linkt et SQLi, au CESI à Saint-Etienne-du-Rouvray, les 5 et 6 mars 2026.
Pendant deux jours, 40 étudiants ont dû relever un défi concret : Face à l'opacité du secteur de l'IA générative sur son impact environnemental, comment mobiliser les données existantes pour éclairer le débat public et permettre des choix avisés ?
L’objectif était de mettre la créativité, les compétences numériques et l’intelligence collective des étudiants au service de la transition sociale et environnementale du numérique.
L'essor fulgurant de l'IA générative s'inscrit dans une trajectoire déjà préoccupante du numérique. En 2022, le numérique représentait 4,4 % de l'empreinte carbone de la France selon une étude de l’Ademe et l'Arcep, soit l'équivalent du secteur des poids lourds. Le développement de l'IA vient amplifier cet impact : le rapport du Shift project sur l’IA montre que les nouveaux usages justifient le déploiement de nouvelles infrastructures, qui à leur tour stimulent encore davantage les usages. Cette boucle de croissance suit une trajectoire insoutenable, avec une augmentation de 6% par an des émissions du secteur au niveau mondial. Dans la course à l’IA, les géants de la tech ont abandonné leurs promesses de réduction des émissions : Google a augmenté ses émissions de 48 % entre 2019 et 2024, tandis que Microsoft les a augmentées de 29 % entre 2020 et 2023. Cette trajectoire insoutenable n'a rien d'inéluctable : de nombreuses initiatives existent en matière d'IA frugale, notamment un référentiel général poussé par le Ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche. L’IA frugale vise à minimiser les besoins en ressources matérielles et énergétiques des systèmes d’IA, tout en garantissant leur performance. Elle repose ainsi sur trois principes clés : démontrer la nécessité de recourir à l’IA plutôt qu’à une solution moins consommatrice, adopter des bonnes pratiques pour réduire les impacts environnementaux, et questionner les usages pour rester dans les limites planétaires.
Les travaux réalisés dans le cadre de ce Hackathon ont permis :
- aux citoyens et acteurs du numérique de mieux comprendre la matérialité de l'IA générative et les ordres de grandeur de son impact environnemental,
- d'éclairer le débat public sur la transparence du secteur de l'IA en confrontant les discours des entreprises à leurs impacts réels,
- de sensibiliser aux enjeux environnementaux de la trajectoire actuelle de l'IA dans le contexte de l'urgence climatique.
Hack4Good visait à sensibiliser les futurs professionnels dès leur formation, encourager des solutions utiles, sobres et inclusives et enfin faire émerger des outils concrets, réutilisables et ouverts.
Trois étudiantes de l'ESIGELEC faisaient partie de l'équipe gagnante qui a remporté le 1er prix de cet hackathon, à savoir une trottinette pour chaque élève et l'équipe 4 composée uniquement d'étudiants de l'ESIGELEC ont remporté le 3e prix.